Sculpture: Pascal Boyer

La peau est le livre ouvert de nos âmes...

C'est avec ce sens implicite mais parfaitement conscientisé et revendiqué que le sculpteur Pascal Boyer a choisi ce support d’expression.

Morceaux de peaux moulés, repoussés, tatoués, peints et cousus entre eux.. Ces scarifications profondes de la peau sont les marques de nos vécus intérieurs et extérieurs, des stigmates aussi..

Ainsi, chaque morceau de peau est empreint d'une référence culturelle choisie dans le temps et l'espace (du celte au Maori en passant par la reproduction d'un Picasso).

L'idée? Relier (premier sens de religion) toutes ces cultures, tous ces hommes si différents, et pourtant si proches, séparés par des visons du monde si distantes et si subjectives. Pour faire naitre d'eux, L'homme Universel, réconcilié, empathique et fait d'humanité(s)..

Le nom de ce chamane est ainsi né de cette conscience: HSUJ6 - Homo Sapiens Universalis, Jour 6.

Les coutures sont pour Pascal Boyer le symbole de cette réunification, ce recentrage de l'humain avec tout ce que cela a de douloureux et de disgracieux, mais pourtant tellement fort.

La peau juste tannée qu'il tient dans la main gauche est peut être cette nouvelle peau qu'il nous propose, pour nous suggérer d'en être les artisans conscients, et non plus les simples supports désarmés d'une vie qui nous formate. Pour devenir enfin acteur. 

Les peaux tendues du socle (Afrique) à ses genoux exprimant notre émergence, la terre de nos origines.

Entre le calendrier Aztèque pour l'une et un Picasso pour l'autre, c'est notre rapport au(x) temps et à son indissociable complice, la modernité, qui est interrogé. Une modernité qui, paradoxalement, est souvent perçue comme une rupture. 

Puis, face à lui, dans ce chemin de conscience qu'il nous propose, se dresse une prêtresse dont l'évolution spirituelle est plus accrue encore.

Comme dans toutes les œuvres de Pascal Boyer, le nom seul de l'œuvre ouvre déjà les pages d'un début de compréhension: Holistis 528. Holistis, car cette prêtresse a une conscience éclairée du monde, et 528 en référence à la vibration de l'Amour.

Les scientifiques ont en effet prouvé que la glande pinéale, ce '3ème oeil d'Horus' situé au cœur de la boîte crânienne, vibre à 528Hz lorsque l'on est amoureux..

Une fréquence qui correspond aussi à celle de la note Mi, et déjà se dessine un axe de lecture: autour du lobe frontal droit l'ensemble des fréquences des notes de musique, qui deviennent le début de l'Aria de Bach, laquelle se transforme en signes zodiacaux.

Et partout sur la peau des références mathématiques et de cultures ancestrales autour de la conscience du temps et de la musique, cette mélodieuse respiration du temps. Ce temps, non linéaire, dont les aiguilles qui le symbolisent souvent, droites, deviennent des spirales dès le socle de l'œuvre.

Ses mains liées? Une partition sur laquelle elle nous propose d'harmoniser nos consciences. En prenant du recul, pour voir le monde sous un angle différent..

Des œuvres puissantes, majeures, à lire presque du bout des doigts, et ressentir profondément.