Peinture: Marc Felten

L’OEUVRE DU PEINTRE MARC FELTEN S’INSCRIT CLAIREMENT DANS LA TRADITION DE L’ETUDE ET DE LA REPRESENTATION DU CORPS HUMAIN, UN UNIVERS ORIGINAL A LA CONFLUENCE DU GRAFF, DU TAG ET DE L’ILLUSTRATION. PEINTURE EXPRESSIVE, EXCESSIVE, ENERGIQUE, LE CORPS Y EST DESARTICULE, DEMEMBRE, ECLATE, ECORCHE, EVISCERE, DEFORME, DIFFORME. MISES BOUT À BOUT, SES TOILES FORMENT UNE INTRIGANTE DANSE MACABRE QUI N’EST PAS SANS RAPPELER CERTAINES PEINTURES APOCALYPTIQUES. TRAVAILLANT A PARTIR DE PLANCHES D’ANATOMIE QU’IL NUMERISE, IL S’APPROPRIE LE VISUEL, DEFORME L’IMAGE POUR ENGENDRER DE NOUVELLES FORMES ANATOMIQUES. APRES AVOIR REPRODUIT « LA SEQUENCE » SUR LA TOILE, IL REALISE SA COMPOSITION, A L’INSTINCT, LIBERANT SA FORCE CREATRICE POUR ENFANTER D’ETRANGES PERSONNAGES. ACCOUCHEMENT INITIATIQUE, LES TRACES SANGUINOLENTES, LES FORMES FOETALES PARFOIS, LES RESIDUS PHYSIOLOGIQUES SUR LA TOILE, TEMOIGNENT DE TOUTE LA VIOLENCE INHERENTE À L’ACTE DE CREER ET DE SON INTENSITE PHYSIQUE. MARC FELTEN S’ATTACHE À L’HUMAIN EN LE DISSEQUANT, EN DEVOILANT AUX YEUX DE TOUS CE QUI JUSQU’A LORS ETAIT CACHE, PERSONNEL, A SAVOIR CHAIR ET ORGANES. IL LUI RETIRE SON INTEGRITE, MAIS CET ETRE PERDANT SON ENTIERETE N’EN DEVIENT PAS MOINS HUMAIN CAR L’INTENSITE DRAMATIQUE DU PROPOS EST ATTENUEE PAR UNE TOUCHE D’HUMOUR.

IL NOUS LIVRE UNE MISE EN SCENE PROMPTE A CHOQUER, MAIS POURTANT, NOUS SOMMES LOIN D’UNE SCENOGRAPHIE ORGIAQUE, MALGRE L’IMPRESSION DE BOUCHERIE À LA FOIS LATENTE OU EXPOSEE CRUMENT. EN VERITE, MARC FELTEN DEROULE SOUS NOS YEUX UNE PEINTURE VISCERALE, OU LES COULEURS PRIMAIRES, LES APLATS AUX TEINTES FRANCHES ET SATUREES, LES ENCRES PROJETEES SUR LA TOILE, RAPPELLENT LES FLUIDES SECRETES PAR LES CORPS. ON SE DEMANDE SI CES ETRES RENAISSENT OU S’ILS S’EXTIRPENT DES GRIFFES DE LA MORT ? DE PANTINS DESINCARNES, MONSTRES GROTESQUES, ILS FINISSENT PAR DEVENIR DES ETRES A LA PERSONNALITE RE-AFFIRMEE, A L’IDENTITE PROPRE, AYANT EXPURGE L’EXCEDENT DE MATIERE QUI LES EMPECHAIENT PRECEDEMMENT D’EXISTER. ILS RENAISSENT DANS LA DOULEUR, MAIS LA DOULEUR EST INHERENTE A L’ACTE DE NAISSANCE.

L’ARTISTE EVOLUE SANS CESSE ENTRE VIE ET MORT, ENFANTANT, TOUT EN REPRESENTANT UN FONCTIONNEMENT ORGANIQUE DE L’ETRE HUMAIN A LA LIMITE DE LA VIE ET DE LA MORT, OU LE SANG COULE, SUINTE ET PERCUTE LE SUPPORT. NOUS SOMMES EN FACE DE L’ETERNELLE QUESTION DE LA REPRESENTATION DU CORPS, CONFRONTE A LA PUDEUR, A L’INCONNU DE CETTE ENVELOPPE CHARNELLE QUI NOUS FAIT SI PEUR, PROBABLEMENT PARCE QU’ELLE EST SI FRAGILE, EN PROIE AUX INTERDITS QUI RAMENENT A SON USAGE, AU REJET DE SON ETALAGE CRU ET CHIRURGICAL QUI FLIRTE AVEC LE VOYEURISME. IL Y A DANS LA PEINTURE DE MARC FELTEN UNE DESACRALISATION DU CORPS, DU SEXE AUSSI EN TANT QU’ORGANE, ET PAR LA MEME DE LA MORT, MAIS EN TANT QUE FAIRE VALOIR À LA VIE. CAR POUR L’ARTISTE, LE SANG NE CONFINE PAS A UN SENTIMENT NEGATIF, LE SANG REPRESENTE LA VIE. QUAND IL GICLE, IL MANIFESTE SA VIVACITE, L’EXPRESSION DE LA VIE. MARC FELTEN POSSEDE EN LUI CETTE ENVIE, CETTE FRENESIE, CETTE BOULIMIE PRESQUE, DE CREER. UNE FACON JUSTEMENT DE PROFITER PLEINEMENT DE LA VIE, CETTE VIE DONT IL TENTE DE MAITRISER L’ECOULEMENT EN PEIGNANT RAPIDEMENT. ET DE LA RAPIDITE NAIT CETTE SPONTANEITE CAPABLE DE LIVRER A NOTRE REGARD UNE FORCE ET UNE ENERGIE CAPTIVANTE.